Le "retour" du vinyle?

Depuis une dizaine d’années, on entend parler du retour du vinyle, mais était-il parti bien loin? Pour la plupart, oui, il avait été mis de côté, remisé, vendu ou malheureusement jeté. Pourtant, pour plusieurs, il a toujours été bien présent. Dans certains pays (majoritairement le Japon, l’Angleterre et les États-Unis – des endroits où on retrouve beaucoup de collectionneurs), le vinyle a toujours gardé une bonne place dans les bacs des magasins. Les étiquettes de disques indépendantes ont d’ailleurs toujours eu un plus grand catalogue à offrir à leurs fanatiques que les « majors ».

Mais nous, au Canada, qu’en est-il? La production du vinyle étant tout sauf écologique, les presses sont disparues au début des années 90, soit au même moment où le CD est devenu LE format de prédilection de la majorité des consommateurs. Les long-jeux sont désormais seulement devenus disponibles en importation et étaient donc plus chers. La voie était donc libre pour le CD.

Mais pourquoi ce nouvel engouement depuis le milieu des années 2000? Est-ce seulement une mode? Le vinyle sonne-t-il vraiment mieux? Pourquoi est-ce que c’est le seul format physique dont les ventes sont en hausse? Il n’y a pas de réponse unique. Plusieurs facteurs entrent en jeu.

Oui, il faut l’admettre, une partie de la résurgence du vinyle est directement attribuée à l’attrait « à la mode » du disque. Son format, ses grosses pochettes avec de belles photos et illustrations en font une pièce d’art – ce qui a toujours été l’idée dès le départ. L’art et la musique ont toujours fait bon ménage.  Quand on aime un album, l’objet offre le sentiment de se l’approprier. Il ajoute un côté spécial à l’écoute d’un album qui est plus intime et passionné que de simplement ouvrir une application de musique en continu. C’est une expérience bien différente.

Il y a aussi tout un aspect « collectionneur » au disque vinyle. C’est d’ailleurs l’aspect qui n’a jamais vraiment disparu chez les friands purs et durs du 33 tours. Les pressages originaux d’albums classiques, les éditions limitées, les disques de couleur et les albums rares sont prisés des collectionneurs. Depuis maintenant 10 ans, le vinyle a même sa fête biannuelle appelé le « Record Store Day » (en avril et en novembre). Les disquaires indépendants (et il y en a beaucoup à Montréal!) offrent alors plusieurs disques spécialement conçus pour cette journée. C’est maintenant un incontournable pour l’amateur de musique! Attention à votre portefeuille! Votre facture pourra monter rapidement!

Mais la vraie question, est-ce bien vrai que le disque vinyle sonne mieux? Encore une fois, il n’y a pas de réponse simple. On parle ici de cas par cas.

Oui, un disque vinyle peut mieux sonner que le même album en format numérique physique (CD) et dématérialisé (mp3, fichiers non compressés de toutes sortes, « streaming »). Non, il n’y a rien de magique dans la cire! Votre album favori ne sonnera pas mieux seulement parce qu’il est gros, rond et noir! Techniquement, le vinyle étant un support analogique, aucune compression numérique n’entre dans sa conception, ce qui est un atout, mais la vraie force du disque vinyle, à mes oreilles, c’est sa limitation. Comment? Les versions numériques des albums sont souvent beaucoup plus compressées pour sonner plus fort. C’est une tendance qui prend malheureusement plus de place dans l’industrie de la musique depuis une vingtaine d’années. Ce phénomène a été baptisé « Loudness War » (la guerre à qui va sonner le plus fort) – et c’est une pratique qui pourrait faire l’objet d’un article complet à lui-même. Si vous avez des disques vinyles (ou même des CDs des années 80) à la maison, vous avez sûrement remarqué que ces derniers sonnent « moins fort » que les CDs d’aujourd’hui. On peut penser que plus fort, c’est automatiquement mieux, mais c’est pourtant le contraire la plupart du temps. Les albums en vinyle doivent préserver une plus grande dynamique pour se plier au format. La dynamique, pour vulgariser, c’est l’écart de volume entre les sons plus doux et les sons plus forts. De là la limitation du vinyle. Un enregistrement doit avoir une bonne dynamique pour se plier aux limitations techniques du vinyle – et oui, c’est une bonne chose! En musique numérique, la dynamique n’est pas obligatoire au bon fonctionnement de la lecture de la musique. Souvent, on applique une compression dynamique additionnelle lors du matriçage (« mastering ») des albums pour sonner plus fort. Pourquoi? Les dirigeants des grandes maisons de disques croient que ça fait vendre plus de musique. Entre vous et moi, les ventes de musique chutent depuis plus de 15 ans, il est difficile pour moi de croire à cet argument!

Alors, est-ce que la musique numérique, peu importe le format, est automatiquement moins bonne? Non! Absolument pas! Un CD et des fichiers numériques de haute résolution sont d’excellents formats. Tout comme le vinyle, si la musique qu’on y applique est bien enregistrée et préserve une bonne dynamique, on peut y trouver son compte. La musique en numérique a même d’importantes qualités. L’absence de bruit de surface (saleté et poussière sur un vinyle), la quasi-absence d’entretien et le coût moindre des albums sont des facteurs non négligeables. Un vinyle s’use plus vite qu’un CD, et un CD s’use plus vite qu’un fichier dématérialisé. Aussi, acheter un vinyle, c’est aussi un coup de dés. Certaines éditions et pressages sonnent mieux que d’autres (même lorsqu’on parle d’un même album!). De plus, certaines maisons de disques capitalisent sur l’aspect « à la mode » en sortant des disques vinyle de qualité moins qu’intéressante.

La musique numérique est donc une excellente option aussi, mais tout comme le vinyle, il faut savoir choisir les fruits les plus mûrs! Le seul vrai perdant dans ce débat est le mp3. Le mp3 est populaire parce qu’il est pratique, mais on parle d’un fichier beaucoup plus compressé (une compression de fichier pour qu’il occupe moins d’espace de stockage, et non pas une compression dynamique qui réduit l’écart entre les sons doux et forts). Il est pratique pour écouter de la musique dans un téléphone, par exemple, mais en réalité, l’espace de stockage coûtant beaucoup moins cher aujourd’hui que lors des années où le mp3 régnait sur le marché numérique, le mp3 est maintenant dépassé.

En conclusion, tous les formats peuvent être excellents, et tous ont des qualités différentes. Le vinyle a peut-être le vent dans les voiles depuis plusieurs années, mais ce sera toujours la musique qui sera rassembleuse. Que vous ayez une bonne table tournante, un excellent lecteur CD, DAC ou « streamer », vous pouvez profiter de votre musique préférée comme bon vous semble!

Article précédent GZ2000 : LA NOUVELLE TÊTE D’AFFICHE DE PANASONIC
Article suivant Nouveaux écouteurs Focal : vous n’avez jamais entendu ça!

Commenter

Les commentaires doivent être approuvés avant d'apparaître

* Champs requis

×
EMAIL

Envoyez-nous un message via notre formulaire de contact

Nous écrire
CHAT

Envoyez-nous un message à l'un de nos agent en ligne

Clavarder
TÉLÉPHONE

Contactez-nous
par téléphone

514 254 6041
×